
Toute ma vie, la misère animale et la misère humaine m’ont touchée. Plus que touchée, taraudée, c’était un leitmotiv, vous savez comme un truc qui ne vous quitte pas, qui vous empêche de vivre presque. Une idée constante, permanente, oppressante, pressante, urgente. Urgence de réagir devant l’indifférence, presque générale. Presque, parce qu’il y a quand même des personnes de bonne volonté sur cette terre, de toutes petites lumières dans une grande obscurité, mais des lumières qui brillent, qui scintillent et qui ne s’éteignent jamais.
Alors, à l’aube de mes cinquante ans, j’ai décidé que ce serait le combat du reste de ma vie. Quelqu’un disait : « Il y a un temps pour réussir dans la vie et un temps pour réussir sa vie ! », pour moi, il est grand temps, le compteur tourne et l’on ne sait pas quand il s’arrêtera. Alors, même si ce que je vais entreprendre est une goutte d’eau dans la mer, cela ne fait rien, je vais foncer, une fois encore, mes convictions seront les plus fortes et ma volonté fera le reste. Je serai une de ces petites lumières. Puisse-t-elle éclairer la vie de nombreuses personnes et de nombreux animaux !
Après avoir longtemps hésité, entre misère animale et misère humaine, misère humaine et misère animale, je me suis dit, pourquoi faire un choix, pourquoi pas les deux à la fois ! Car, souvent la misère animale cache de la misère humaine et inversement. Me voilà donc avec une idée bien précise, comme quoi le cheminement d’une longue réflexion peut conduire à quelque chose de très clair, de lumineux même. De toute façon, c’était la seule possibilité de satisfaire mes deux souhaits, d’apaiser mes questionnements.
Ainsi, mon association, peut-être un jour ma fondation, aura pour objet de soulager la misère animale et la misère humaine et, plus précisément celles qui sont liées. Ces deux misères qui n’en sont finalement qu’une, sont, de nos jours, accentuées par la crise qui en laissant « sur le carreau » bien des personnes, entraîne une cascade de conséquences qui de la perte d’un travail finissent par atteindre la vie de famille et donc les animaux de cette famille également. Souvent, ils en sont les premières victimes. Pourtant, comme nous disait Saint-Exupéry dans Le Petit Prince : « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé ». Notre société est celle de la facilité, celle de l’assistanat, du manque de respect et des responsabilités. Les gens abandonnent parfois, et même souvent, famille, animaux et ceci assez facilement pour certains… Pour aller recommencer ailleurs avec d’autres… Mais, bien sûr, parfois, il y a de vraies tragédies, de vraies souffrances, des cas de force majeure. Les personnes, âgées ou pas, qui, avec de petits moyens, ne peuvent pas payer les frais vétérinaires élevés lorsqu’une maladie ou un accident arrivent subitement. Un départ en maison de retraite soudain… et l’animal tant aimé qui reste derrière, seul !
Ainsi, mon association contribuera à réduire ces abandons, et ainsi à réduire la souffrance animale et humaine qui les entourent, à améliorer le quotidien de ces personnes, à leur permettre de garder leurs animaux au foyer en leur fournissant nourriture et soins. L’animal est souvent, dans ces cas-là, le seul lien affectif qu’il leur reste et ce lien peut les sauver, leur permettre de garder pied, de continuer à se battre, cette responsabilité là peut les empêcher de sombrer. En effet, dans de nombreux cas de solitude humaine, l’animal peut être une raison de vivre, pour celui qui est esseulé, délaissé par ses semblables.
La patte dans la main, pour l’ Homme et son Chien, la route continue !

